Bois traité sans pression
Dans la plupart des traitements du bois, on applique des produits de préservation sous pression. Toutefois, il arrive que ce ne soit pas possible ou que la nécessité de protéger n'apparaisse qu'après la construction ou l'occupation du bâtiment. Dans ces cas, on peut appliquer les produits de préservation en évitant l'utilisation de cylindres sous pression.
Certains de ces traitements sont réservés aux entreprises autorisées sous licence. Lorsque l'on utilise les produits de préservation du bois, on doit observer les consignes de l'étiquette du produit émises par l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (au Canada) ou l'EPA (aux États-Unis), comme dans le cas de tous les pesticides.
Quatre catégories de traitement sans pression
Prétraitements superficiels
Il s'agit des traitements préventifs de préservation appliqués par trempage, pulvérisation ou badigeonnage au pinceau. L'objectif du traitement est de procurer une couche de protection au bois, dans sa forme finie. On peut, par exemple, vaporiser l'ossature d'une maison à l'aide de borate pour assurer une protection contre les termites de bois sec et les scolytes, dans certains cas.
Prétraitements internes (traitements par dépôt)
Il s'agit là de traitements préventifs appliqués à des endroits précis et non sur toute la pièce, au cours du processus de fabrication ou durant la construction. L'intention est de procurer une protection active aux seules parties du produit du bois qui pourraient être exposées à des situations propices à la pourriture. On peut, par exemple, loger des tiges de borate dans des trous percés à cette fin aux extrémités exposées de poutres en lamellé-collé qui dépassent d'une toiture.
Traitements supplémentaires
Il s'agit de traitements par application de produits de préservation à certains endroits sur le bois traité en vue de compenser soit une pénétration incomplète du bois, soit une perte d'efficacité du produit au fil du temps. L'intention est de renforcer la protection du bois qui a déjà été traité ou de traiter les parties du bois traité qui sont exposées à la suite de découpes inévitables lors de l'assemblage sur le chantier. Un exemple serait l'application d'un bandage préfabriqué aux poteaux de ligne de transmission dont la charge initiale de produit de préservation est épuisée. Un autre exemple est celui des pièces coupées sur place dans le cas d'une fondation en bois traité.
Traitements curatifs
Ici, le produit de préservation est appliqué à la partie saine d'une pièce de bois atteinte par la pourriture ou des insectes. L'intention est de tuer les champignons ou les insectes, ou encore d'empêcher la propagation de la pourriture et des insectes au-delà de la région endommagée. On peut, par exemple, appliquer au pinceau une composition de borate/glycol sur la partie saine du bois adjacente à une ossature pourrie (à extraire et remplacer par du bois traité sous pression).
Formes des traitements sans pression
Les traitements sans pression se présentent sous trois formes : solide, liquide/pâte et en fumigant. Contrairement aux produits de préservation sous pression dont la bonne pénétration est assurée par la pression, ces derniers traitements comptent sur la mobilité des ingrédients actifs pour pénétrer le bois suffisamment et êre ainsi efficaces. Les ingrédients actifs peuvent circuler dans le bois grâce à la capillarité ou ils peuvent se diffuser dans l'eau ou l'air contenus à l'intérieur du bois. Cette mobilité permet aux ingrédients actifs, non seulement de circuler dans le bois, mais aussi d'en sortir dans certaines conditions. Cela signifie qu'il faut comprendre l'état interne et externe de la structure afin de réduire au minimum la perte de protection qui résulterait d'une perte des produits de préservation. Les composés de borate, de fluorure et de cuivre conviennent particulièrement à l'utilisation sous forme solide, liquide et pâteuse. L'isothiocyanate de méthyle (et ses précurseurs), le bromométhane et le fluorure de soufre sont les seuls fumigants répandus. À quelques exceptions près, le bromométhane sera éliminé progressivement à partir de 2005.
Produits solides
Dans ces utilisations, le seul avantage des produits solides est qu'ils permettent d'utiliser la quantité maximale de produit soluble à l'eau dans un trou en raison du pourcentage élevé d'ingrédients actifs contenus dans les tiges offertes sur le marché. Leur inconvénient principal est qu'il faut du temps et une certaine quantité d'humidité pour que les tiges se dissolvent. Le plus ancien et le plus connu des produits de préservation est la tige de borate fondu mise au point dans les années 1970 pour le traitement curatif et supplémentaire des traverses de chemin de fer. Depuis, on utilise ces tiges avec succès dans les poteaux, les pièces de bois massif, les menuiseries préfabriquées (fenêtres) et une gamme d'autres produits du bois. Un mélange de borate est fondu comme du verre à des températures extrêmement élevées, puis versé dans un moule où il se solidifie. Placé dans des trous pratiqués dans le bois, le borate se dissout dans l'eau contenue dans le bois et il se répand dans toute la région humide. Un certain débit d'humidité dans le sens du fil du bois peut accélérer la distribution du borate. On peut y ajouter des biocides secondaires pour augmenter leur efficacité contre la pourriture et les insectes. Bien qu'on doive traiter tous les biocides prudemment, de nombreux utilisateurs se sentent plus à l'aise à manipuler les tiges de borate et de borate-cuivre en raison de leur faible toxicité et de la faible probabilité qu'ils pénètrent le corps. Les produits de fluorure sont aussi couramment offerts en tiges. On obtient les tiges en comprimant du fluorure de sodium et des liants ou par encapsulage dans un tube perméable à l'eau. Les fluorures se répandent plus rapidement que les borates dans l'eau et, au cours de la phase de vaporisation, ils peuvent se transformer en acide fluorhydrique.
Liquides, pâtes et gelées
On peut appliquer les liquides par vaporisation ou badigeonnage sur les surfaces ou encore les verser ou les pomper dans des trous percés à cet effet. Pour ce qui est des pâtes, on les applique le plus souvent au pinceau ou à la truelle sur un papier doublé de polyéthylène qui forme une sorte de " bandage ". On peut également bourrer les pâtes dans des trous ou les intégrer à des bandages préfabriqués qu'on peut enrouler autour des poteaux. On utilise normalement les borates et les fluorures de cette manière parce qu'ils se répandent très rapidement dans le bois mouillé. Le cuivre se diffuse moins rapidement parce qu'il réagit avec le bois. Dans le cas du bois plus sec, on peut ajouter du de l'éthylèneglycol aux préparations de borate afin d'en améliorer la pénétration. Les produits de préservation grand public à appliquer au pinceau sont constitués soit de naphténate de cuivre (couleur verte) soit de naphténate de zinc (transparent). Tous deux sont dissous dans des solvants comme l'essence minérale. De plus, on peut facilement se procurer les préparations de borate et d'éthylèneglycol en solution aqueuse à appliquer au pinceau. Les préparations à base d'IPBC sont plus utilisées aux États-Unis.
Fumigants
Ces traitements sont livrés sous forme liquide ou solide. Au contact de l'air, ils se transforment en gaz et se diffusent dans le bois. Certains fumigants sont présentés en capsules perméables ou en tubes d'aluminium. L'isothiocyanate de méthyle et les produits chimiques dont il résulte par dissolution servent aux poteaux de ligne de transmission et aux pièces de bois massif. Cette préparation se fixe au bois et elle peut procurer de nombreuses années de protection résiduelle. Le fluorure sulfuryle et le bromométhane servent à la fumigation sous cloche des maisons afin d'enrayer les termites du bois sec. Bien que ces produits tuent les insectes présents au moment du traitement, ils ne laissent aucune protection résiduelle.