Durabilité par concept
Types de mur et lutte contre l'humidité
Protection par la conception
Types de mur et lutte contre l'humidité
Les experts en enveloppe du bâtiment distinguent généralement trois ou quatre façons de concevoir un mur de manière à le protéger de l'humidité. Les murs à face étanche sont conçus pour assurer l'étanchéité à l'eau et à l'air à la surface externe du bardage; c'est le cas quand on applique un stuc directement sur le revêtement ou sur la maçonnerie sans poser de papier goudron ou autre membrane d'étanchéité. On scelle alors les joints du bardage ou du revêtement extérieur et les interfaces avec les autres composantes du mur de manière à assurer la continuité de la surface. La face externe du bardage assure seule la fonction de drainage, et il n'existe aucun mode de drainage secondaire; c'est dire que les murs à face étanche doivent être parfaitement construits et entretenus pour prévenir toute pénétration des eaux de pluie. En général, on ne recommande donc ce type de mur que pour les situations à faible risque : climat sec, par exemple, ou mur protégé par un large avant-toit. Les murs à membrane cachée sont conçus sur le principe qu'une certaine quantité d'eau risque de pénétrer derrière le bardage. La surface externe du bardage demeure le principal plan de drainage, mais le mur comporte, à l'intérieur, un plan de drainage secondaire qui joue le rôle de deuxième ligne de défense contre les eaux de pluie. Cette membrane est constituée d'un papier goudron, par exemple, sur lequel l'eau peut s'écouler pour être évacuée du mur. On trouve ce principe dans les murs où le bardage ou un stuc est appliqué sur un papier de construction. Ce type de mur convient aux expositions modérées à la pluie et au vent. Dans les murs avec écran pare-pluie on pousse la gestion de l'eau un peu plus loin en ménageant une lame d'air entre la face arrière du bardage et la membrane d'étanchéité. Cette lame d'air assure une ventilation derrière le bardage, qui l'aide à sécher. La lame d'air sert aussi de bris capillaire entre le bardage et la membrane. On trouve un exemple de mur pare-pluie là où le stuc ou le bardage est séparé de la membrane par des fourrures verticales. Les murs pare-pluie sont recommandés partout où existe un degré d'exposition élevé à la pluie et au vent. Pour améliorer encore ce système mural, on peut concevoir un pare-pluie avec pressions équilibrées; le mur comporte alors des perforations permettant de garder la lame d'air intérieure à la même pression que l'air extérieur, ce qui élimine un des principaux facteurs de pénétration (la forte pression de l'air à la surface du mur fait pénétrer l'eau dans les interstices). Ce type de mur convient là où les risques d'exposition sont très élevés.


Importance de l'avant-toit
Sous un climat pluvieux, l'avant-toit représente un moyen particulièrement simple et efficace de limiter les problèmes d'eau dans les murs. L'avant-toit joue le rôle de parapluie pour le mur; plus il est large, mieux c'est. Une étude réalisée en 1996 pour la Société canadienne d'hypothèques et de logement sur les immeubles endommagés par l'humidité en Colombie-Britannique révèle une corrélation négative entre la largeur de l'avant-toit et le pourcentage de murs endommagés; toutefois, même un avant-toit de faible largeur contribue à protéger le mur, surtout par les effets qu'il exerce sur la pluie battante. On ne reconnaît pas toujours l'intérêt des avant-toits et des toitures à deux pentes, qui réduisent la pression du vent sur le mur. La pluie poussée par le vent est habituellement la principale source d'humidité dans les murs; la présence d'un avant-toit ou d'un toit en pente aide à faire passer le vent au-dessus du bâtiment, ce qui diminue la pression exercée sur le mur et donc la force de la pluie battante. L'eau a ainsi moins tendance à pénétrer dans les interstices du mur.
Minimiser les trous
Dans la plupart des cas, l'eau de pluie pénètre dans le mur par un trou. Si l'on ne prend pas la peine de sceller toutes les discontinuités de l'enveloppe, l'eau risque de pénétrer autour des cadres de fenêtre et des sorties de sécheuse, aux intersections de plans (balcons, parapets, etc.) ou par les joints du papier de construction, par exemple. Il est essentiel de bien concevoir ces détails et de les réaliser soigneusement. Il en est de même pour l'entretien des mastics à durée de vie limitée employés pour sceller les cadres de fenêre. La Société canadienne d'hypothèques et de logement publie des guides qui donnent les règles de l'art et proposent de nombreux détails de construction. Consulter notre page de liens.
